Portrait de Virginie Valière

Virginie Valière

Longtemps, le dessin a été un refuge. Une manière de ralentir, de regarder autrement, de retenir ce qui m'échappait.

Après de nombreuses années passées à Paris, j'ai choisi de m'installer entre Montpellier et les paysages du plateau du Larzac. Ce déplacement a profondément transformé mon regard. Les saisons ont retrouvé leur place, le silence aussi. Peu à peu, le dessin a cessé d'être un refuge pour devenir un langage.

J'ai suivi les cours des Beaux-Arts, mais c'est surtout dans la pratique quotidienne que mon écriture s'est construite.

Le dessin figuratif, lorsqu'il cherche uniquement à reproduire le réel, m'intéresse peu. Je cherche plutôt ce qui affleure avant les mots, une présence, un regard, une tension, un geste suspendu. Ce moment fragile où le corps révèle quelque chose de lui-même sans avoir besoin de raconter une histoire.

Je travaille principalement à l'encre de Chine, parfois enrichie de pastel gras. J'aime la radicalité de ce médium, son irréversibilité, la précision qu'il exige. Je cherche une ligne vivante, capable de contenir une émotion avec le moins de traits possible.

Le travail d'Egon Schiele m'accompagne depuis longtemps, pour l'intensité de son trait et sa manière de faire du corps un espace d'expression. Celui de Marlene Dumas résonne également avec ma recherche, par cette façon de laisser les figures apparaître sans jamais les enfermer.

Mon travail a été présenté dans la galerie en ligne du Réservoir à Sète de novembre 2025 à février 2026. Depuis 2025, il se prolonge également dans NUS, une lecture musicale et (choré)graphique où le dessin se construit en direct, au rythme de la voix, de la musique et du mouvement.